mercredi, février 22, 2006

Dérapa§e Comix

Derapa§e comix, c'est des petits fanzines auto-édités à découvrir de tout urgence! Le premier fanzine nous parlait de black-métal et de kung-fu ("Black & Yellow"), le second d'assassinats de pigeons ("Pigeons"). Le troisième qui sort ces jours-ci en librairie (à Bruxelles et à Besançon, 3 euros) se déroule dans le monde fabuleux du Far West ("l'Ouest est trop à l'Ouest"). Si vous ne connaissez pas, il faut aller très vite sur le site de Dérapa§e Comix où sont disponible les deux premiers fanzines. Ca faisait longtemps que je voulais interviewer Marshall Joe et Dampremy Jack, les auteurs de Dérapa§e Comix. C'est maintenant chose faite.

Nis - Pour commencer, un peu d’histoire. Je crois que Marshall a commencé les comix tout seul avec Marshall Joe Comix. Comment s’est fait la rencontre avec Dampremy ? Marshall, tu avais besoin d’un scénariste ?

Marshall Joe - J’ai effectivement commencé tout seul il y a un peu plus d’un an. Je voulais faire des histoires assez légères et bien déconnantes. Ces histoires je les ai fait photocopier à 10 exemplaires et distribuées à mes amis. J’avais appelé ça « Marshall Joe Comix ». Il se fait que dans mes amis il y avait un certain « Dampremy Jack » qui a été immédiatement emballé par le truc. Graphiquement ça le bottait bien et ça le faisait aussi bien marrer. Il s’est permis de me faire 2-3 remarques qui étaient judicieuses et de fil en aiguille, il s’est retrouvé dans le « projet ». On a alors décidé de rebaptiser l’affaire en « dérapa§e comix ». C’est certain que Dampremy est plus à l’aise que moi dans la mise en mots d’une BD. Je pense qu’on avait tout à gagner de cette association.

Dampremy Jack - Au début, c’était surtout un boulot de mercenaire. Marshall m’avait demandé de reprendre un scénario déjà écrit et de voir si je pouvais l’améliorer. Au final, c’était peut-être pas forcément meilleur mais on s’était bien marré et j’y avais pris goût.

Nis - Votre méthode de travail à deux se passe comment ? Dampremy fait les scénarios et puis après Marshall les dessine ou c’est plus compliqué que ça ?

Marshall Joe
- C’est un peu plus compliqué que ça. Parfois je viens d’abord avec une idée assez vague et Dampremy la pousse plus loin et la peaufine. Après l’idée revient chez moi et je la mets en image.
Parfois, et c’est le cas ces derniers temps, on fait de plus en plus le contraire… Je dessine des planches muettes dans lesquelles je place des phylactères vides et après Dampremy n’a qu’à tirer son plan et me trouver un truc à raconter dans l’espace que je lui ai réservé. C’est assez amusant comme méthode. Pas logique du tout mais très surprenant.

Dampremy Jack
- C’est même carrément tordu ! Le fait de bosser sur une page qui est déjà totalement pré-établie point de vue graphique, ça tourne parfois à l’exercice de style mais cette manière de fonctionner me convient bien. Le style de Marshall est très spécial et il ne permet pas toujours d’écrire tout et n’importe quoi. C’est donc plus cohérent que le « dessin » vienne avant le scénario. En tout cas, sur les histoires « courtes » de 3-4 planches.

Nis
- Ce qui marque dans derapa§e comix, c’est le graphisme très particulier entièrement fait sur ordinateur. Marshall, tu peux nous expliquer la technique que tu emploies ? C’est parce que tu ne sais pas dessiner ?

Marshall Joe - Je dessine tout en vectoriel sur Illustrator et je viens mettre après quelques éléments de décor en Photoshop. Il est vrai que je ne sais pas dessiner avec une feuille et un crayon. Je n’ai d’ailleurs jamais vraiment essayé. Je voulais créer un univers graphique qui m’est propre et illustrator m’a permis cela. Il y a aussi une question de facilité et de production. Ces programmes permettent le copier/coller, et je garde tout dans une « banque d’image ».Tout est donc réutilisable. Ce qui fait que je peux avancer très vite, au rythme des idées de Dampremy. Je ne vois pas pourquoi la bande dessinée serait réservée aux gens qui savent dessiner. En mettant en place un univers graphique non lié au geste, je peux aussi faire de la narration séquentielle. Je me sers des outils mis à ma disposition et j’ai la chance que ces outils soient numériques et pallient à beaucoup de mes carences. Après, peut-être que je flirte dangereusement avec le roman-photo ? Mais la prochaine révolution dans le monde de la bd est « numérique » ; pour la diffusion et pour la réalisation ! Puis, ce système permet aussi que Dampremy dessine ses propres histoires sans que personne ne voie la différence, ce qui est fort pratique quand je pars en vacances !



Nis
- Et au niveau du scénar ? les influences, c’est quoi ? Des trucs comme le Ferraille Illustré ?

Dampremy Jack - Il y en a pas mal parce que je me laisse facilement influencé. C’est vrai qu’un type comme Winschluss me fascine complètement. J’aime bien l’idée de ne jamais rien respecter, de n’avoir aucune limite. Je peux aussi citer Trondheim et Sfar, les grands raconteurs d’histoire, quoi. Je n’arrive pas à faire ce qu’ils font mais ils m’influencent dans le sens où ils me donnent envie de le faire. Et puis, quand on a fait « Les sauveurs de la Terre », cette sorte de feuilleton, je pensais à Tardi sur les Adèle. Ce truc de repousser sans cesse la fin parce qu’en vrai, on n’a aucune idée de ce qu’on va raconter dans les dix prochaines pages. Tardi est très fort quand il fait du feuilleton. Enfin, il est très fort tout court ! Mais bon, restons sérieux, je suis à des kilomètres de la qualité de ces gens-là mais je peux dire qu’ils m’influencent dans le sens où ils me donnent envie d’écrire des scenarii.

Nis - Apparemment, Pigeon est basé sur une histoire autobiographique ?

Marshall Joe - Au début oui. Mais cette base est assez faible… Je ne pense pas qu’on ait des vies suffisamment captivantes et déconnantes pour faire de l’autobio pure.

Dampremy Jack - je dirais même que ça nous intéresse pas tellement d’ailleurs. On a besoin de dire des conneries grosses comme des maisons. Ca fait partie du cahier des charges de derapa§e comix.

Nis - Vous avez commencé par présenter vos bds sur un blog. Que pensez-vous de ce medium ? est-il adapté pour les bds ?

Marshall Joe - Ce qu’il y a de chouette – en principe- avec le blog, ce sont les commentaires. Je dis « en principe » parce que soit les gens n’en laissent pas (ce qui est notre cas), soit ils laissent de grosses conneries du genre « preums ! » ou : « moi aussi j’aime les crêpes » et on apprend pas vraiment à s’améliorer en lisant ce genre d’ânerie !
Sinon, je pense que le médium internet (blog – ou site) peut vraiment amener quelque chose à la bande dessinée. Peut-être que la nouvelle bd de 2015 sera une « bd numérique ». Peut-être qu’une réelle réflexion commence à s’articuler là-dessus et qu’on en a pas conscience. Mais soyons francs, pour l’instant les bd-bloggeurs font en général ce qu’ils pourraient faire sur du papier. C’est notre cas à nous aussi. Ce qui est sur le blog a d’abord été, ou sera, dans notre fanzine. Mais quand on voit ce que font des gens comme demian5, on ne doute pas un instant qu’il y a une réelle opportunité pour que la narration séquentielle soit « numérique ». Et puis, c’est franchement pas évident de laisser tomber ce lourd héritage du papier. Les grosses maisons d’édition n’ont pas l’air pressée de participer au phénomène. Leurs sites sont encore uniquement des moyens de communication, alors qu’ils pourraient être de fabuleux laboratoires.

Dampremy Jack - Les possibilités sont là. Certains les ont pointé du doigt mais peu osent s’y aventurer…



Nis
- Que pensez-vous des blogs bd en général ? C’est souvent de l’autobiographie inintéressante, non ?

Marshall Joe - Non. Pas toujours. Le travail fait par Everland avec son « journal d’un remplaçant » ou celui fait par l’employé du moi sont des travaux forts et intéressants.

Dampremy Jack - Tout à fait d’accord, le miniblog d’Everland exploite assez bien les possibilités dont on parlait.

Nis - Vous êtes maintenant à la parution de votre troisième fanzine papier. Le format blog ne suffisait plus ?

Marshall Joe - Notre but était, à la base de faire du fanzine papier. On s’est servi du blog pour avoir une motivation à la production et une certaine vitrine qui n’est pas dédaignable. Mais à la base on voulait faire un petit fanzine photocopié, agrafé, et distribué sous le manteau.

Dampremy Jack - On reste des amoureux du livre. On a grandi avec des BD dans les pattes, c’est logique qu’on ait eu envie d’avoir les nôtres en main à un moment donné. Mais le blog reste important parce qu’il demande une certaine régularité dans la production. Ca ne te laisse pas vraiment le choix, faut torcher les planches, quoi ! Et comme notre rythme de parution papier est plus ou moins mensuel, c’est aussi une façon de ne pas être trop à la bourre et de rester dans le bain…

Nis - Vos projets pour l’avenir c’est quoi ? Continuer votre comix sur le blog et/ou version papier ? diffuser votre fanzine papier plus largement ? aller chez les éditeurs ?

Marshall Joe - On va clairement continuer et le blog et le fanzine. On est qu’au tout début de ce qu’on voudrait faire avec dérapa§e comix. Je ne crois pas qu’on va augmenter le « tirage » des fanzines. Cette idée de faire un truc en petite quantité qui part très vite et se retrouve vite épuisé nous plait bien. Et comme tout est lisible gratos sur le blog c’est pas gênant. Sinon on aimerait ouvrir le même blog mais en Anglais. C’est un bon copain qui va s’y coller. Juste pour voir ce qu’ils en pensent de l’autre côté de l’océan. Puis en ce qui concerne les éditeurs on n’est pas trop pressé. On est toujours en phase d’apprentissage et il sera toujours temps d’y réfléchir quand on sera vraiment au point. Et pour ça, il y a encore un peu de boulot !

Dampremy Jack - C’est la question qui fâche (rires) ! Non, faut dire qu’on n’a pas tout à fait la même vision de « l’avenir ». Disons que je suis un peu plus pressé que Marshall ! Un album chez un petit éditeur ne me déplairait pas…

mercredi, février 08, 2006

Un interview avec peut-être le vrai Frantico


Plusieurs journaux, depuis le Grand Prix de Lewis Trondheim, ont annoncé que Lewis Trondheim serait l'auteur du Blog de Frantico. Voici par exemple l'article paru dans Télérama.
Le mystère Frantico semble être enfin dévoilé !

Enfin, pas sûr. Voici deux posts postés par Lewis Trondheim il y a quelques mois sur le forum des Murmures du Donjon

"C'est bien Boulet qui va reprendre Zénith.Avec un album par an et pour au moins 3 albums.[...] Et comme j'étais en contact avec Boulet qui m'avait demandé une Roxanne à Solliès-ville et que je harcelais pour connaitre le vrai nom de son copain Frantico (maintenant je le sais, ses initiales sont S. L. et son prénom, c'est pas François), celui-ci nous a vite répondu que Donjon était une des rares séries qu'il achetait. [...] lewis"
"Bien entendu, Frantico, ce n'est pas moi. Je sais bien que cette phrase ne convaincra pas les convaincus, mais si ça peut mettre un terme à ce débat inintéressant et assez vexant pour Frantico, soit-dit en passant. lewis"

S.L., ça pourrait être les initiales de Sébastien Lesage. Apparemment, il y aurait deux-trois trucs qui pourraient coller avec Frantico : c'est un jeune graphiste, pote d'école de Boulet, sa femme est Coréenne, ... Bref, voici son interview, l'interview du peut-être vrai Frantico ...

Nis - Pourquoi cacher l'identité de Frantico ?
Frantico - Quelle importance ?

Nis - Y aura-t-il un coming out officiel, un jour ?
Frantico - Je ne pense pas. Je n'ai pas le culte de la personnalité.

Nis - N'avez-vous pas marre de Lewis Trondheim qui fait semblant d'être Frantico ?
Frantico - Il a eu la gentillesse de ce prêter au jeu, et je crois qu'il s'amuse autant que moi.

Nis - Est-ce que Frantico est un personnage autobiographique ?
Frantico - A 70%, oui. 80%, même...

Nis - Avez-vous été influencé par des auteurs comme Trondheim ou Joe Matt ? Par d'autres ?
Frantico - Les deux, oui. Riad Sattouf, Chester Brown aussi. Mais j'aimerais avoir le talent d'un Crumb, et ça, je dessinerai mieux que lui uniquement à partir du jour où il sera mort.

Nis- Verra-t-on Frantico dans d'autres aventures?
Frantico - Je suis en train d'écrire un livre de fiction. Ça me prend pas mal de temps.

Nis - (je peux, si vous voulez, ne pas révéler votre identité dans le post).
Frantico - Ça n'a aucune importance. Tout le monde pense que c'est Trondheim.

Nis - Si c'est vraiment vous Frantico, merci pour cet album et ce blog que je suis depuis le début.
Frantico - Très bien, je passe le message à Trondheim. hu hu hu

Modification 09.02 : j'ai trouvé sur le site de Sébastien Lesage, une page intéressante
Seconde Modification 09.02 : Trondheim a dit sur le forum bulledair :"[...] Sinon, Sébastien est bien Frantico. : ) Enfin, je crois."

Troisième Modification 01.03 : Trondheim continue à bien s'amuser. Sur son nouveau site, "Le blog de Frantico" est présent dans sa bibliographie avec le commentaire suivant : "D'après la rumeur, j'aurais fait ce livre mais c'est pas vrai".



mardi, janvier 24, 2006

Gipi


Inconnu en début d'année, Gipi est pour beaucoup (et pour moi) l'auteur de l'année. Cette année, 4 perles sont sorties : "Notes pour une histoire de guerre", "Les innocents", "Le local" et "Extérieur Nuit". A chaque fois, je me suis pris une grosse claque. Il a raflé plusieurs prix et son "Notes pour une histoire de guerre" est nominé comme meilleur album au festival d'Angoulême. Alliant un style graphique très particulier et un sens narratif incroyable, il fait maintenant partie indubitablement des auteurs à suivre de très près. Un petit interview s'imposait.

Nis -
Sur votre blog, on peut voir que votre première bande dessinée répertoriée date de 1997 (Storie Varie). Je crois que vous avez plus ou moins 40 ans ...


Gipi
- Oui, j'ai 42 ans.


Nis
- Pourquoi avez-vous commencé à écrire des bandes dessinées si tard ?


Gipi
- Tout d'abord parce que je suis un inconscient. J'ai commencé à publier en 1994, dans une revue satirique italienne assez connue (aujourd'hui disparue), qui s'appelait "Cuore" (Coeur). Je ne faisais pas de vrais strips satiriques mais plutôt des histoires autobiographiques racontant le monde dans lequel j'ai grandit et représentant également, selon moi, un miroir "politique" de la société italienne. Je n'ai pas pensé faire de livre avec mes histoires avant 2000, année où j'ai rencontré l'auteur et éditeur Igort et sa maison d'édition Coconino. Je dessinais des histoires pour moi : quatre des histoires contenues dans Extérieur Nuit avaient été faites uniquement par passion, sans l'ambition d'être publiées. Igort a vu une des ces histoires et m'a demandé si j'en avais d'autres pour en faire un livre. J'en avais quelques unes et, après avoir dessiné "Muttererde" spécialement pour le livre, la version italienne d'Extérieur Nuit est sortie. Je croyais que personne ne le lirait et je m'attendais à un fiasco total. Au contraire, le livre a obtenu des prix, la reconnaissance critique et du public. J'ai compris à quel point les livres étaient importants, j'ai vu qu'ils avaient une vie bien à eux. Cela m'a plu et j'ai eu l'envie d'en faire d'autres :)


Nis
- Comment avez-vous découvert les bandes dessinées ?


Gipi
- Par Igort, qui d'éditeur est devenu un ami. Je n'avais jamais été un grand lecteur de bandes dessinées et je connaissais très peu d'auteurs. Maintenant j'essaie d'y remédier, en regardant les travaux des autres et surtout en rencontrant d'autres auteurs (ce qui me plaît beaucoup). Je vis depuis huit ans dans une maison au milieu d'un bois, à flanc de colline. Je suis le seul dessinateur dans un rayon de 120 kilomètres. Pendant des années je n'ai fréquenté personne et je n'ai pas eu l'occasion d'échanger des idées et des opinions sur le dessin. Maintenant, les choses ont beaucoup changé, naturellement.


Nis
- Maintenant lisez-vous des bandes dessinées ? Y a-t-il des auteurs qui vous influencent ?

Gipi
- Je ne lis pas de bandes dessinées, ou alors très rarement. Je ne lis même pas les miens, ou alors uniquement pendant la réalisation et une seule fois, tout à la fin, avant de l'envoyer à l'impression (et à chaque fois j'ai une crise en pensant que j'ai fait un travail exécrable). Cependant, j'admire et je suis le travail de beaucoup d'auteurs que j'ai découverts ces trois dernières années : David B., Sfar, Igort, Baru, Matt Broersma, Nilsen, Mattotti, Spiegelmann... et beaucoup d'autres. Bref, les meilleurs :) Mais surtout, c'est le "rapport à l'histoire" qu'ont ces auteurs qui m'intéresse. C'est comme si j'étais plus intéressé par la méthode/l'approche du travail que par le travail en lui-même. Par exemple, j'ai vu Sfar dessiner dans un bistrot à Paris, et sa légèreté m'a illuminé. Je suis fasciné par la passion pour les histoires.

Nis
- Vous êtes également cinéaste. Le cinéma a-t-il une influence dans votre travail ?

Gipi
- Pendant quelques années j'ai réalisé des courts métrages, et j'ai aussi fait deux longs métrages d'une heure chacun. Mais je ne peux pas me définir comme réalisateur. Utiliser une caméra et tourner de petits films est avant tout un jeu. Même si les idées de départ sont souvent sérieuses, le déroulement est presque toujours comique et ironique. Lors de la prise de vue il se passe quelque chose de très différent du travail que je fais avec les bandes dessinées (où le travail naît en une partie plus complexe de mon être). Le travail fait avec ce mini-cinéma m'a fortement aidé à la compréhension du temps et des cadrages et maintenant, lorsque je dessine, je me rend compte de tout ce que cela a impliqué pour mon dessin et pour le rythme que je donne à mes histoires.

Nis
- Quels sont vos projets maintenant ? D'autres livres vont-ils sortir en 2006 ?

Gipi
- Je viens d'achever le second album de la série "baci dalla provincia" (le premier était "les innocents") qui sera présenté dans quelques jours par Vertige/Coconino, au festival d'Angoulême. Je suis assez content du résultat. C'est une histoire très dure et je suis content d'être revenu à un peu de méchanceté après la douceur de "le local". Après je prendrai un peu de repos. Je n'ai plus quitté ma table depuis presque six ans et n'ai plus été en vacances depuis 5. J'aime dessiner, peut-être plus que tout, mais je me sens très fatigué et l'année passée a été difficile, sentimentalement parlant également. Je dois me reposer. Je dois me reposer. Je dois me reposer. Même si, en réalité, j'ai en tête un nouveau livre, à dessiner d'un seul jet, en noir et blanc, sur une base autobiographique "adaptée". J'ai déjà écrit et dessiné le premier épisode, qui s'appelle "i due funghi" ("les deux champignons") et qui pourra être lu par les lecteurs français achetant la revue autoproduite qui le publiera : Canicola n. 3 ("Canicule n. 3") qui sortira (et sera disponible) à Angoulême. C'est un beau journal fait par deux jeunes auteurs qui m'ont demandé de faire une histoire. J'ai été content de la faire et je considère "i due funghi" comme une des meilleures choses que j'ai faites. Maintenant j'ai le second chapitre à travailler, et j'en ai d'autres en tête. Je crois que ces différentes parties seront collectées en un nouveau volume dans les prochains mois. mmmmmm.... J'avais dit que je devais me reposer :)

Merci à Gipi et à Docteur Paul pour sa super traduction !

lundi, janvier 23, 2006

Le Scroubabble


Ce week-end, j'ai testé pour vous le Scroubabble , le jeu édité par l'Association. Pour ceux qui ne le savent pas, ce jeu est inspiré du Scrabble mais au lieu de devoir faire des mots, on doit faire des strips à partir de petites cases dessinées par Etienne Lecroart, François Ayrolles, Jochen Gerner, Killofer et Jean-Christophe Menu. Comme au Scrabble, les joueurs doivent utiliser au moins l'une des cases déjà posées sur le plateau. Un strip est considéré comme valable si la majorité des autres joueurs l'estiment cohérent. Pour vous donner une idée, on (merci Geoffroy !) a photographié de plus près un bout du plateau de jeu. Cliquez dessus pour le voir en plus grand (quand on joue, on a l'impression de faire des strips super drôles et le lendemain quand on les regarde, on est moins fier !).

Alors, le Scroubabble, c'est gai ou c'est pas gai ? Et bien oui, on se marre bien ! Surtout après un petit diner cool et avec une bonne bouteille de vin ! Ca change complètement des jeux habituels. Par exemple, il n'y a pas de règles prédéfinies. On peut jouer avec des points si on veut (comme au vrai Scrabble) mais on est pas obligé (c'est ce qu'on a fait; il n'y a plus de gagnants, ni de perdants, donc tout le monde est content). Pour jouer, il ne faut pas avoir spécialement lu tout Jean-Christophe Menu et Jochen Gerner. Y avait deux personnes qui jouaient avec nous qui n'y connaissaient rien à la bd et je crois qu'ils se sont bien amusés.
Les dialogues des cases sont assez drôles du style "Regardez, c'est une fétuque des prés", "ca te dérange si je t'appelle patate ?" ou "et, on fait une partie de strip poker!". Grace à ca, il est possible de faire des strips un minimum drôle.
Bref, une bonne partie de rigolade ... Je suis pas sur que ca vaut 40 euros mais ca vaut la peine de jouer une fois dans sa vie si on s'intéresse un peu à la bd.

L'interview de Gipi que je vous promet depuis des semaines sera en ligne demain soir. Puis ensuite, je partirais à Angoulême pour le festival et j'espère avoir plein de super trucs à vus raconter sur le festival comme "les dédicaces de Jean-Marie Bigard et Mimie Mathy", "le one-man-show de Wandrille", "les suites du mystère Frantico", "le concert de Sfar avec le chanteur de Dionysos", ...
Sinon, le numéro 2 de dérapage comix de Marshall Joe et Dampremy Jack est sorti. Il s'appelle Pigeon et c'est encore mieux que le premier qui était déjà très bien. J'en parlerais surement plus longuement à mon retour d'Angoulême. Disponible à Bruxelles (La bulle d'or, Brusel) et à Besançon (Camponovo).

mercredi, janvier 11, 2006

Pieter De Poortere


Si vous avez lu les derniers Ferraille illustré, vous avez sûrement remarqué les strips muets de l'auteur flamand Pieter de Poortere mettant en scène un fermier s'appelant Dickie. Dans ses aventures (qui se terminent souvent très mal),on retrouve tour à tour Dickie dans le rôle de Saddam Hussein, Ben Laden, soldat, vampire,... Sous des airs naïfs, Pieter De Poortere utilise un humour très noir à ne pas placer entre toutes les mains! La planche suivante représente assez bien son travail.


Deux tomes de Dickie sont déjà sortis chez Bries. On risque de parler beaucoup plus de Pieter De Poortere en 2006 car deux de ses albums sont au programme : le troisième Dickie chez les Requins Marteaux ainsi qu'un album jeunesse édité chez Delcourt "Joe l'esquimo".
Pour mieux connaitre son travail, je conseille vivement son site qui est très drôle. Bien que ce site soit en flamand, vous ne devrez pas avoir trop de problèmes à comprendre ... Je conseille surtout les animations et les jeux (ca vous permettra de glander au boulot).
Voici un petit interview de Pieter de Poortere. Merci à lui pour avoir répondu à mes questions


Nis - L’actualité (l'Irak, le terrorisme, les marées noires…) semble être une de vos principales sources d’inspiration pour Dickie. Avez-vous un message particulier que vous voulez faire passer avec vos strips ?

Pieter De Porteere
– Non, j’utilise l’actualité pour raconter des histoires amusantes. Je n’ai pas le besoin de monter sur les barricades ou le besoin d’améliorer le monde. J’ai fait un bouquin engagé, ca s’appelle KAK et c’est des dessins qui viennent d’un spectacle théatre/bd sur le droit d’asile et l’extrême droite en Belgique. On peut dire que le premier album parlait de dickie dans sa ferme, comme vrai fermier. Le second sur dickie dans un contexte international. Le troisième album parlera de l’histoire du monde, cela commencera avec adam et eve, et ca finira dans le futur.

Nis
– Comment avez-vous découvert la bande dessinée ? Lisez-vous des bds ? Y a-t-il des auteurs qui bous ont influencé ?

Pieter De Porteere
– Je suis un grand fan de Chris Ware. On le remarques dans mon travail en ce qui concerne l’ambiance et la simplicité des dessins. Aussi, je m’intéresse à la génération française actuelle : Trondheim, Larcenet, Blain, Sfar, … Quand j’étais enfant, j’étais entouré de strips. Mon père en avait une collection gigantesque. Je les connais bien, y a juste les noms que je ne retiens jamais.

Nis
- De vous, je ne connais que les deux bds Dickie. Dans Dickie, votre style est très particulier (bd muette, humour noir, ..). Toutes vos histoires ont-elles le même style ? Pourquoi ?

Pieter De Porteere – Je ne peux pas raconter d’histoires gaies. Happy people have no stories. J’essaye parfois mais je trouve beaucoup plus drôle si les affaires tournent mal. C’est finalement la base de l’humour. L’intention est aussi de jouer avec le contraste entre le style innocent et le contenu dur. Bientôt, je vais faire une bd jeunesse pour Delcourt : « joe l’eskimo ». Ca sera plus sage (quelque chose de moins suicidaire) et avec des dialogues. Je trouve difficile d'écrire des dialogues crédibles. Si j'écris, j'écris délibérément ringard. Dickie a été tenu aussi simple que possible en ce qui concerne la couleur, l'encrage et le texte..

jeudi, janvier 05, 2006

David Vandermeulen : Fritz Haber


En guise de bilan de l'année, j'avais envie de dialoguer avec les auteurs qui ont fait les ouvrages qui ont marqué 2005. On commence par David Vandermeulen et son formidable premier tome de la biographie de Fritz Haber : L'esprit du temps. Le prochain post sera consacré à l'auteur italien Gipi.

Avant d'avoir lu "L'esprit du temps", je n'avais jamais entendu parler de Fritz Haber. Son histoire m'a fasciné. Fritz Haber, juif allemand né en 1868 et mort en 1934, est connu pour son prix Nobel de Chimie pour la mise au point d’une synthèse industrielle de l’ammoniac qui a permis la production massive d’engrais agricoles. Haber reçut son Nobel sous les huées du public : quelques années auparavant, il avait aussi inventé les gaz de combat pour l’armée allemande. Fritz Haber mis également au point le Zyklon B produit qui sera employé des années plus tard dans les chambres à gaz des camps d'extermination nazis.

Nis - L'histoire de Fritz Haber est assez fascinante (je suis moi-même chercheur). Comment l'avez-vous connue et qu'est-ce qui vous a poussé à faire une bd sur ce personnage ?

David Vandermeulen
- Je comprends très bien que vous puissiez être fasciné par l’histoire de Haber, je l’ai été un certain temps aussi. Mais ce n’est certainement pas sous la fascination que je me suis engagé à parler de Haber. Dès que je me suis penché un peu plus attentivement sur son cas, j’ai très vite compris que Haber n’était pas aussi atypique que ça. Sinon comment expliquer son parcours et surtout ses amitiés ? Dès que cette question m’est apparue, ma fascination première s’est assez naturellement modifiée en une sorte d’intérêt avide (ce qui est plus sain pour travailler un sujet aussi difficile). Ce n’est pas parce que j’ai appris que Fritz Haber a été le père de la guerre chimique, ni parce qu’il a inventé le gaz Zyklon B que je me suis décidé à raconter son histoire. Ce qui m’a motivé, c’est essayer de répondre à cette simple question : comment un salaud comme Fritz Haber – car, globalement, c’est surtout en tant que salaud que l’Histoire d’aujourd’hui nous renvoie la figure de Fritz Haber – comment un salaud déclaré comme tel s’est-il lié d’amitié avec des « Héros » tels que Einstein, Weizmann et, dans une moindre mesure, Rathenau ?

Nis - Vous vous êtes basé sur de nombreux ouvrages de référence pour cette bd. Avez-vous voulu être le plus fidèle possible à l' histoire de Fritz Haber ou bien avez-vous fait quelques modifications afin de faire passer des messages importants à vos yeux ?

David Vandermeulen - Oui, il y a en effet derrière mon travail une énorme application historique, j’essaie au mieux de respecter chaque événement, chaque lieu, chaque date. Mais bien sûr, ma biographie est orientée selon mes centres d’intérêt. Les quelques fictions qui existent déjà sur Fritz Haber (je n’en connais que trois à ce jour, toutes étrangères) mettent toutes l’accent sur la relation conflictuelle et tragique que Haber a entretenu avec sa femme Clara. Il est vrai que cette relation fut absolument dramatique et passionnelle, digne de servir un grand sujet d’opéra. Mais je n’en fais pas le centre de mon récit, ce qui m’intéresse plutôt, c’est l’environnement intellectuel qui a accompagné Haber. Ainsi, par exemple, la scène de la traversée atlantique où Haber et Rathenau se rencontrent est totalement imaginaire. Haber et Rathenau se sont bien rencontrés, mais probablement vers les années 1907, et à Berlin. Haber et Rathenau se sont effectivement rendus aux Etats-Unis en 1901, comme je le raconte, mais rien ne nous dit qu’ils se sont croisés là-bas ou durant une traversée. Quelques scènes procèdent ainsi, quand ce n’est pas véridique, il faut que cela reste plausible.



Nis - Certains lecteurs font le lien entre "l'esprit du temps" et le cinéma muet. Est-ce voulu ? Pourquoi placez-vous les phylactères en bas des cases ?

David Vandermeulen - Si les références au cinéma muet paraissent très présentes dans mon travail c’est avant tout parce que je reprends sur quelques pages des passages du Siegfried de Lang, qui date de 1924. Les cartons narratifs sont aussi des références directes, ils sont exactement copiés des films de Murnau. Mais en réalité, si l’on y regarde bien, les extraits du Siegfried et les cartons sont les seules véritables références au muet, le reste se passe dans les têtes. Quant aux sous-titres (vous nommez cela des phylactères mais ce n’en est pas, ce sont juste des sous-titres), il s’agit bien, pour le coup, d’une troisième référence cinématographique, plus moderne celle-là. Il s’agissait pour moi de confronter deux systèmes narratifs, l’un propre à l’époque de Haber, l’autre propre à notre temps ; c’est une façon subtile de ramener l’histoire de Haber jusqu’à nous.

Nis - Quels sont vos projets pour le moment ? Le nombre de tomes de Fritz Haber est-il déjà fixé (j'ai déjà vu des gens parlant de 3, 5 voire 9 tomes(à la librairie Brusel)). Comptez-vous encore explorer le medium de la bd en faisant des oeuvres complètement différentes (on peut dire que "Agrum comix" et "L'esprit du temps" sont assez différents) ?

David Vandermeulen - Fritz Haber occupe la totalité de mon temps et ce sera encore ainsi pendant cinq ou six ans. C’est un peu bizarre à dire, mais je dois avouer que je ne sais absolument pas en combien de pages je vais tomber, peut-être 600 ou 800, ou pourquoi pas 500… Je n’ai pas encore écrit la suite, je procède tome par tome. Cela me permet de ne pas devoir suivre une feuille de route, de ne pas me sentir coincé. J’ai besoin de garder près de moi cette idée que je peux modifier mon travail à tout moment.
Sinon, je ne sais absolument pas ce que je ferai après Haber. Les seuls projets qui vont sûrement voir le jour, c’est un Faust que j’écris pour Ambre et qui sortira courant 2006 chez 6 pieds sous terre, une suite à Littérature pour tous basée sur la science-fiction, à sortir également chez 6 pieds, et probablement un 6e Agrum Comix. Pour le reste, c’est tout.


Deux liens assez intéressant pour en connaître plus sur Fritz Haber
:

- Fritz Haber, David Vandermeulen : Le site assez bien fait et assez complet des Editions Delcourt. On y retrouve des informations à propos des personnages, des planches, ..
- Le site wikipedia sur Fritz Haber

Merci à David Vandermeulen pour avoir répondu à mes questions.

vendredi, décembre 30, 2005

2005 : best of de l'année aux 4 coins du monde

En cet début d'année, j'ai été fouillé sur google pour trouver des tops des meilleurs bd de l'année 2005 chez nos amis américains, espagnols, italiens et allemands dans l'espoir de trouver des bonnes bds pas encore traduites qui pourraient sortir un jour en français.

Le premier top nous vient du magazine Time (des Etats-Unis). Les francophones arrivent à placer 3 titres dans les 10 premiers ! Pas mal !
1. Charles Burns : Black Hole
2. David B : Epileptic

3. Windsor McCay : Little Nemo in Slumberland : So Many Splendid Sundays!

4. Frank King : Walt & Skeezix

5. Kevin Huizenga : Or Else

6. Paul Chadwick : Croncrete : The Human Dilemma

7. Guy Delisle : Pyongyang : a journey in North-Korea

8. Joann Sfar & Lewis Trondheim : Dungeon vol 2

9. R. Kikuo Johnson : NightFisher

10. Mome 1 + 2

Remarquez la présence de Kevin Huizenga qui sortira des bds en français cette année (Coconino).
Une petite question : quelqu'un a déjà lu (ou entendu parler) de NightFisher. Ca a l'air pas mal !

Le second top nous vient d'un blog espagnol. Ils ont l'air d'aimer les auteurs francophones !
1. Guibert, Lefèvre y Lemercier : El fototógrafo
2. Peeters : Lupus

3. Gaiman y otros : The Sandman

4. Urusawa : 20th Century Boys

5. Manu Larcenet : Los combates cotidianos (vol.2)

6. Toppi : Sahrazad

7. Jason Lutes : Berlín, ciudad de piedras

8. Blain : Isaac el pirata (vol.3)

9. Tezuka : MW

10. Miller y Mazzucchelli : Batman año uno


Chez les italiens qui ont l'air de ne pas trop aimé la bd francophone (et d'être sacrément en retard sur certains trucs), dans le magazine Repubblica , le classement est le suivant :
1. Charles Burns : Black Hole
2. Urasawa : Monster

3. Otomo : Akira

4. Tezuka : La Fenice

5. Moore & LLoyd : V for Vendetta

6. Gipi : Questa è la stanza (Le local)

7. Millar : Wanted

8. Joe Kubert : Yossel

9. Ortolani : Tutto Rat-Man

10. Bacilieri : Zeno Porno

Si je ne me trompe pas , Republicca est le journal où Gipi fait des illustrations (Bientôt sur le blog, un petit interview de Gipi sera en ligne !)

Et pour finir, un site allemand a le top suivant :
1. Craig Thompson : Blankets
2. Abolin/Pont : Jenseits der Zeit (Où le regard ne porte pas)

3. Joe Kubert : Yossel

4. Christophe Blain : Isaak der Piraat

5. Igort/Sampayo : Fats Waller

6. Baru : Wut im Bauch (L'enragé)

7. G. Smuda : Vincent & Van Gogh

8.Thomas Ott : Cinema Panopticum

9. Russel & Gaiman : Mordmysterien (Les mystères du meurtres)

10. L. Mattoti : Briefe aus ferner Zeit (Lettres d'un temps éloigné)


lundi, décembre 26, 2005

Ottoprod : le meilleur blog bd du moment

(c) Ottoprod

Depuis un certain temps, on a vu plein de blog bd s'ouvrir un peu partout. En plus du très connu Frantico, plusieurs jeunes auteurs ont créé des blogs assez intéressant comme :
Mais le meilleur blog actuellement est sans aucun doute, le blog de James et la tête X à savoir Ottoprod.
Quand on voit ca ou ca, difficile d'être pas ébahi devant tant de talent et d'humour.
Mais qui est Ottoprod ?
On sait pas trop. Selon James "il n'y a pas vraiment de mystère Ottoprod - du moins pas avec la même volonté que ce qui s'est fait autour de Frantico. Mais disons, qu'effectivement, Ottoprod est une action un peu clandestine." Apparemment ils sont deux.
"Il risque d'y avoir des livres à la clé ceci dit... pour commencer une participation dans la revue "l'éprouvette" de l'Asso, à sortir d'ici quelques semaines, et par la suite peut être des choses chez 6pieds sous terre. Voilà pour les infos en exclu. "

Bon, vous n'avez plus qu'une chose à faire : se ruer sur le site de Ottoprod !

Pourquoi encore un blog sur la bd ?

Plusieurs petits détails m'ont poussé à créer un blog :
  • Y a deux minutes, j'ai fait une recherche sur google en mettant les mots suivants : "anders nilsen des chiens de l'eau" et j'ai remarqué qu'il y avait uniquement 4 sites comme résultat : à savoir une librairie en ligne, bulledair.com, xeroxed et june planetoïd. Ca me parait un peu peu pour un livre qui en vaut la peine. Le nombre de site francophone qui parle de bd intéressante est peu nombreux
  • J'ai acheté dernièrement les inrocks (qui n'est pas un très grand journal mais qui permet de faire découvrir de bons trucs au public) et j'ai été affligé par leur best of BD de l'année à savoir :
    • Philippe Dupuy : Hanté
    • Anders Nilsen : Des chiens, de l'eau
    • Blutch : Mitchum
    • Blutch : c'était le bonheur
    • Floc'h et Rivière : Olivia Sturges 1914-2004
    • Taniguchi : Le gourmet solitaire
    • Paul Horschenmeier : Adieu, Maman
    • Nicolas de Crecy : New York sur Loire
    • Dupuy-Berberian : Monsieur Jean, un certain équilibre
    • Tardi : Le petit bleu de la Côte ouest
    • Dave Cooper : Ripple
Il est clair que tous les livres cités ne sont pas de faible qualité. Il y a quand même Nilsen, Horschenmeier et Cooper. Par contre, citer comme meilleur album de l'année Monsieur Jean ou Tardi, c'est être un peu à coté de la plaque

  • Même chose pour chronicart, que pourtant je trouve assez pertinent en cinéma (je suis assez friant de top de l'année). A part les deux premiers qui sont de vrais bons bouquins, je ne sais pas ce qu'ils ont bu cette année.
    • 1. Dave Cooper : Ripple
    • 2. Gipi : Notes pour une histoire de guerre
    • 3. Hideki Arai : The world is mine
    • 4. Kazuo Umezu : L'école emportée
    • 5. Jean Teulé : Gens de France
    • 6. Chantal Montellier : Les damnés de Nanterre
    • 7. Kaiji Kawaguchi : Zipang
    • 8. Bendis-Maleev : Daredevil
    • 9. Vaughan-Guerra : Y le dernier homme
    • 10. Frank Le Gall : Les Jalousies
Bref, les bons sites sur la bd se comptent sur les doigts de la main (voir liens).
Je me suis dit : "Je vais remédier à ca et je vais faire un blog sur la bd". Le problème bien sûr, c'est que je sais pas écrire et que je n'ai rien à dire. La qualité risque de ne pas être au rendez-vous. Enfin, bref, on verra ...